Skip to main content

Réseau d’accompagnement

Au sein de l’atelier REA du Graap, un lieu où l’humain passe avant tout, chacun peut trouver un espace d’écoute, de soutien et de reconstruction. Loin du rythme parfois écrasant du quotidien, le REA accueille des personnes des personnes qui traversent des moments difficiles, marqués par la solitude, l’isolement ou la perte de repères. Le public est assez large mais le point commun qu’ils ont, c’est qu’ils sont tous touchés par des situations en lien avec la santé mentale. Ils sont dix en tout dans les différents ateliers de Yverdon, Vevey et Lausanne et une immersion au cœur de cet atelier a permis de découvrir un environnement où la bienveillance, la créativité et l’entraide jouent un rôle central dans le cheminement de chaque participant.

Quelle est la journée type d’un accompagnant REA ?

A : La journée type au Rea je dirais que c’est de venir au bureau, de voir ses collègues, de regarder le planning avec les gens qu’on doit aller visiter chaque jour. On forme les équipes, parfois on est seul ou alors en duo. On va visiter les gens soit chez eux, soit en institutions ou alors en hôpitaux, EMS les rencontres durent cinquante et on parle de pleins de choses, de ce qu’ils veulent, de choses légères ou parfois moins légères, de leurs problèmes. Le but est de casser cet isolement et cette rupture sociale qu’il y a, aussi trouver des objectifs à court ou long terme comme sortir, aller faire les courses, se promener ou aller faire une activité en extérieur. Une fois de retour à l’atelier, on debrief avec l’équipe et on note tout dans un cahier pour que les prochaines personnes puissent reprendre les notes.

Qu’est-ce que concrètement un accompagnant REA ?

C : Un accompagnement REA c’est sur mesure en fonction de ce que demande le bénéficiaire. Ça peut être par exemple pour le mobiliser à sortir ou encore converser avec lui. Il n’y a donc pas vraiment de situation type, on fait vraiment au cas par cas. Ça passe par une demande de la personne et cette demande est vue avec l’assistante sociale. Elle nous rencontre pour pouvoir poser les objectifs ou demandes faites par le bénéficiaire.

Est-ce qu’il existe un métier comme le REA et si oui comment on appelle ça ?

A : Je pense que ce sont des métiers qui sont en plein essor et qui commencent justement à se créer. La pair-aidance c’est quelque chose qui est en train de se créer et qui est plus démocratisé dans certains pays, pas encore assez en Suisse mais ça commence gentiment à se faire. Je dirais que c’est à la fois une action qui est sociale, une action qui est au niveau de la santé mais aussi au niveau du militantisme. C’est vraiment la santé mentale mais sur plusieurs points de vue.

C: C’est récent et il n’y a pas encore vraiment de profession type, c’est vraiment des métiers tout nouveaux donc ce n’est pas encore forcément très réglementé ni très structuré mais c’est du pair, le mot pair c’est qu’on voit souvent des bénéficiaires qui ont vécu les mêmes situations que nous ou presque en lien avec la santé mentale.

A: Notre expérience sert d’expertise. C’est d’avoir vécu la maladie qui fait qu’on a cette connaissance et qui fait aussi qu’on peut aider les gens qui ont aussi des problèmes de santé mentale, d’humain à humain.

Quel type de situations pouvez vous rencontrer dans le métier du REA ?

C: Comme c’est en lien avec la santé mentale, on peut avoir des situations qu’on peut juger imprévisibles mais quand on constate avant que la personne soit en danger pour elle-même, on a le devoir d’en informer notre supérieur ce qui est dans des cas exceptionnels. En général, les situations exceptionnelles qu’on a ne sont pas courantes vu qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver dans les métiers en lien avec la santé mentale, on est censé être une écoute bienveillante et active, je considère qu’on ne peut pas donner de directives à un bénéficiaire de comment il doit gérer sa vie car ce n’est pas notre rôle.

Dans quels secteurs le REA opère-t-il ?

A: Je pense qu’on peut surtout dire dans la santé mentale et surtout dans l’idée de vouloir déstigmatiser la santé mentale. Enlever tous ces mythes de ce que sont les malades, de ce qu’est la maladie, de ce dont les gens souffrent, de comment est-ce qu’on peut vivre ensemble en société et de comment est-ce qu’on peut se comprendre les uns les autres.

Où se trouvent les différentes personnes aidées ?

C : Avec les REA du Graap on fonctionne par proximité géographique en général. Par exemple, au Graap de Lausanne, on va voir des gens de Lausanne et environs. Il peut y avoir des exceptions mais en général c’est la zone géographique où on se trouve et les trajets sont faits en transports publics généralement. 

Quelles sont les différentes activités proposées pour les personnes aidées ?

A : Il y en a tout pleins, déjà au sein même du Graap il y a les animations, il y a l’espace contact et au sein du REA il y a vraiment cette idée de partage d’un moment de cinquante minutes où on peut faire des activités comme se balader, aller prendre un café, discuter. Dans le métier du REA ou de pair on a quand même une certaine liberté, on peut laisser le libre arbitre au bénéficiaire sur ce qu’il a envie de faire, s’il a plus envie de rester tranquille ou plus envie de discuter ou s’il préfère faire des activités. C’est son moment à lui, nous sommes là pour l’accompagner dans son moment et s’il décide de faire des activités plus précises comme de la mosaïque, il y a des ateliers pour.

Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans ce travail ?

C: Je dirais que d’un point de vue personnel, je trouve que pour avoir essayé plusieurs métiers, même avant d’arriver au Graap. Je trouve que le REA fait sens, C’est un métier dans l’humain donc c’est toujours impactant et ça change de mes anciens métiers. C’est d’humain à humain et c’est toute la richesse du métier car il n’y a pas un cas qui est le même et même si on fait des journées types, chaque situation est différente. Ça fait plusieurs situations à expérimenter.

A: Dans mon cas, je rejoins C. sur le fait que c’est gratifiant et c’est du partage, chaque journée est différente, chaque visite est différente, chaque personne est différente. C’est du cas par cas et finalement on passe des moments avec eux mais on en apprend aussi sur nous quand on discute avec eux. Il y a vraiment ce truc d’égalité, d’humain à humain. On est sur le même pied d’égalité et c’est très gratifiant à la fin de la journée de se dire que je n’ai peut-être pas sauvé une vie mais j’ai peut-être donné le sourire à quelqu’un, j’ai peut-être fait passer un bon moment à quelqu’un. C’est vrai que depuis le diagnostic de ma maladie, j’étais en quête de sens et j’avais absolument besoin de faire quelque chose qui donne du sens à ma maladie car sinon pour moi c’était trop de souffrance pour rien .Quoi  de mieux que de partager sa résilience avec ceux qui n’ont plus d’espoir comme moi un temps qui n’avait plus d’espoir pour ma vie. Je m’en suis sortie et je souhaite passer ce message qu’on peut s’en sortir.